Résilience des créateurs du théâtre face à l'indifférence du Gouvernement

L’art et la crise du COVID-19 en Serbie


Le 10 mars 2020, le gouvernement de la République de la Serbie déclare la décision sur la proclamation de la maladie Covid-19- comme une maladie contagieuse dans la gazette officielle[1]. La base législative est établie pour donner au Ministère de la Santé le pouvoir de déterminer « les mesures appropriées, les conditions, les acteurs et les modalités de la mise en œuvre »[2] pour la prévention et la suppression de la maladie présentant un danger public pour la République de Serbie.

Le 12 mars, l’ordonnance de l’interdiction est prise par le Gouvernement, empêchant les rassemblements de plus de 100 personnes dans des endroits publics à l’intérieur. Les Théâtres publics ferment leurs portent, et annoncent la reprogrammation des répertoires à l’avenir.

Le 15 mars, l’état d’urgence est proclamé, et le nombre de personnes dont le rassemblement sera toléré à l’extérieur ou à l’intérieur dans des endroits publiques diminue à 50.


Dans la semaine qui suit, les décisions gouvernementales deviendront plus strictes et précises : tout rassemblement public de plus de 5 personnes est interdit, tout voyage international et intra-territorial est prohibé, et un couvre-feu national est imposé du 17h à 5h en semaine et du vendredi soir au lundi matin[3].


La première réponse du milieu du théâtre dans la région est venue du Festival du Théâtre Étudiant International (FIST). Originellement programmé du 14 au 20 mars 2020, il a été entièrement réorganisé en ligne. Sous la devise « Don’t Cancel. Rethink », l’équipe bénévole du FIST, composée des étudiants de la Faculté des Arts Dramatiques de Belgrade, a été la première à présenter l’ensemble de son programme (8 pièces de 7 pays différents, 2 conférences, 1 exposition et les cérémonies d’ouverture et de fermeture) sous forme digitale. L’accès aux streaming en direct était gratuit, et les spectateurs pouvaient choisir entre différentes plateformes de connexion (youtube, facebok, instagram).

Les maisons théâtrales qui en avait la possibilité technique et logistique ont suivi cet exemple : le Théâtre National à Belgrade, la scène officieuse de création contemporaine Atelier 212, le Théâtre de Marionnettes Pinokio… La majorité du programme théâtral ainsi accessible au public confiné était composé de spectacles préenregistrés, les pièces de répertoire à succès pouvant justifier leur production cinématographique. L’idée première de cette offre est concisément formulée par Jovana Stefanovic, directrice de relations publiques du Théâtre Atelier 212 :


Le théâtre est un art vivant, aucune pièce ne peut être jouée deux fois de façon absolument identique, chaque nouvelle représentation comporte au moins un changement léger, dont la raison est, parmi d’autres, l’interaction entre les comédiens et le public. C’est la beauté [du théâtre], regarder les pièces in vivo. Ensuite, aucune captation cinématographique ne peut englober tous les angles au même moment, comme le perçoit chaque spectateur individuel en fonction de ses intérêts. Mais dans la situation actuelle le streaming des pièces a son poids et sa contribution, parce que notre public a la possibilité dans les circonstances actuelles, de voir et de se rappeler de quelques pièces de qualité.[4]


Atelje 212, fin juin 2021



Le critique théâtral du magazine Vreme (Le Temps) Aleksandar Milosavljevic, a souligné une parallèle entre la situation actuelle et la dernière occasion, toujours vivante dans la mémoire de la population, où les habitudes culturelles devaient être drastiquement changées[1]. L’expérience de l’acte spectatorial vécu comme révolte urgente lors des bombardements des années 1990 n’était pas applicable en 2020 ; à l’époque, les évènements théâtraux étaient organisés avant la sonnette du couvre-feu et comportait de l’audace, ainsi que la création d’une communauté vivante présentée comme un poing levé face à un ennemi visible mais dont le moment d’attaque était imprévisible. Les transmissions lors du premier confinement du 2020, elles, étaient « échauffées par la peur de la folie causée par un surplus inattendu du temps libre », contexte dans lequel les performances digitales comme celle de Boccelli dans le Duomo de Milan ou le Bella Ciao de l’Opéra du Théâtre national serbe étaient bouleversantes et « artistiquement intéressantes »[2]. Les pièces-cultes, aujourd’hui muséales, du répertoire serbe des dernières décennies, posaient problème par leur caractère froid, dépolitisé et individuel. Sans la rencontre unique entre des êtres vivants ou autour d’un thème vivant, stipule M. Milosavljevic (dans la lignée des gros débat présents depuis le début de l’ère médiatique, et accentués par l’exode digitale provoqué par le COVID, thèmes explorés par nos collègues d’Observatoire critique), le théâtre ne remplit pas son grand devoir de rassemblement public, immédiat et démocratique. Son opinion est basée sur la thèse que, en étant un évènement public et populaire, le théâtre est intrinsèquement et automatiquement politique, la production culturelle théâtrale en Serbie exhibe un devoir de justification, morale et philosophique ainsi que matérielle (dans un contexte de précarité générale du milieu : 1 pour cent du budget annuel de la RS est consacré à l’activité culturelle.)

Le même thème de responsabilité publique, ou du « devoir à rendre des comptes », est présent dans toute la région. Tandis que les spectateurs suivaient massivement les transmissions des pièces sur les petits écrans ou sur youtube, avec une diversité permettant l’accès à différents spectacles (classique, répertoire pour enfants, opéras, concerts, récitals…) de presque toutes les grandes maisons théâtrales publiques quotidiennement, le milieu professionnel se mobilisait pour repenser la mission, la forme et le rôle du théâtre dans le « monde d’après ». Emblématiques d’une telle créativité sont les cycles de discussions publiques initiés par Srećko Horvat et Maja Pelević, « Le Théâtre Philosophique »[3], organisés par le BITEF Théâtre de Belgrade, ou l’appel à projet « Histoires des balcons, histoire des Balkans »[4] de la Compagnie alternative théâtrale active (ATAK) de Podgorica, Monténégro avec le soutien de la Fondation Culturelle Européenne, qui appelait à la création de formes dramatiques courtes prévues à être jouées dans des espaces restreints à l’extérieur par pas plus de deux acteurs.


Les artistes et institutions culturelles régionales se sont rassemblées aussi autour de réponses- pour le moins inadéquates- des gouvernements à la situation dans laquelle s’est retrouvé la culture dans la pandémie mondiale. Kooperativa, la plateforme de la culture pour la région de l’est-Balkan, a souligné dans un Appel aux Gouvernements de la régions publié le 4. mai 2020[5], que la crise causée par les fermetures des théâtres a mis en danger le système culturel déjà précaire des pays du Sud-Est de l’Europe. En soulignant que les budgets culturels sont en dessous des besoins du secteur, et significativement au-dessous des moyennes européennes, ils appellent à une aide d’urgence pour le « secteur civil » impliqué dans la création culturelle.

En effet, depuis la fin du mars 2020, les institutions publiques et privés appellent le Gouvernement à aider les artistes indépendants ou au chômage. La Serbie ne disposant pas de système d’intermittence comme la France, les artistes et techniciens du spectacle vivant sont employés comme salariées permanents dans les troupes et équipes rattachés aux théâtres, ou travaillent comme agents freelance avec des engagements ponctuels autour des projets.


Compte tenu du fait que l’industrie culturelle emploie plus de 100 000 personnes (sur les quelques 7 millions d’habitants) et représente 7,1 du PIB de la Serbie, la décision du Gouvernement d’omettre complètement le secteur culturel du premier rééquilibrage budgétaire sous la crise du Covid-19 était reçue comme une insulte et une injustice.

Plus de 50 festivals, maisons d’éditions et de production, cinémas, théâtres et autres institutions culturels ont signé l’Appel au Gouvernement demandant l’aide urgente pour l’atténuation des conséquences de la pandémie dans le secteur[6]. Sous l’appellation « Sauvons la Culture », ils demandaient dans une suite d’Appels entre mars et mai 2020, entre autres la création d’un fond de crise pour le secteur culturel, l’adoption d’un plan de 5 ans pour l’aide au redressement des activités et entreprises culturelles après la crise, l’allégement fiscal pour les entreprises prenant partie à la production culturelle et aux projets des artistes nationaux, le renforcement logistique et financier pour l’exportation culturelle dans la forme des subventions et aides aux financement des expositions, concerts, pièces, tournées etc, le commencement de la fabrication d’une stratégie nationale pour la résolution de la situation des artistes indépendants, et, plus concrètement et immédiatement, le versement de trois salaires minimaux à tous les artistes indépendants. L’Association La scène Indépendante de la Serbie, le Conseil de la coordination des associations artistique, et le PEN (Poets, Essayists, and Novelists) Centre de la Serbie ont adressé leurs propres appels pour la mise en œuvre des mesures d’aide d’urgence à la culture.

Comme suggéré par le Ministère de la Culture et de l’Information, le Gouvernement prend le 15 avril 2020 la décision de débloquer plus de 230 millions de dinars (moins de 200 000 euros) du budget à la destination de 3 100 artistes indépendants, couvrant ainsi deux salaires minimaux pour la période estivale. L’Administration municipale de Belgrade vote en début de mai l’aide égale à trois mois de salaire minimale pour les 309 artistes indépendant actif sur le territoire de la capitale. Le 6 mai 2020, la Première Ministre de la Serbie affirme que les artistes indépendants recevront trois SMICs de soutien de l’État, à travers les caisses municipales- auxquelles l’argent à distribuer sera versé. Elle ne précise pas le nombre d’artistes recensés, et il m’a été impossible au moment de la rédaction de cet article, de retrouver le résumé gouvernemental listant toutes les associations représentatives des artistes indépendant- listes qui comptent les sommes exactes et le nombres des artistes individuels bénéficiant effectivement de cet aide de l’État.

Les précisions manquent également quant à la distribution entre l’aide Gouvernementale et municipale : les aides reçues viennent-elles des budgets des villes et municipalités, ou de l’État ?


Entrée principale du JDP (Théâtre Dramatique Yougoslave)


En attendant, les institutions qui en avaient les moyens, comme le Théâtre Dramatique Yougoslave (JDP) ou le Théâtre Dramatique de Belgrade (BDP), honoraient les contrats déjà entamés avec les artistes indépendants durant les trois mois qui restaient dans la saison théâtrale 2020, mais, ici encore, je n’ai pas réussi à trouver les informations concernant les rééquilibrages budgétaires et la provenance des subventions.


Avec l’assouplissement des mesures sanitaires dans la période estivale, la vie théâtrale a retrouvé une partie de sa vitalité pré-coronaire. Le beau temps et le contrôle (relatif) de la circulation du virus ont permis le déroulement des événements à ciel ouvert. Du 25 juin au 20 juillet, par exemple, le stade du parc Tasmajdan de Belgrade devait être transformé en théâtre en extérieur avec un répertoire contenant plus de 40 spectacles de différents théâtres de la capitale. La ville voulait donner à ses spectateurs (de tout âge, les matinées de 18h étaient des pièces jeune public) la possibilité de retrouver leurs habitudes culturelles dans le respect des mesures sanitaires. Il était important aussi de donner l’occasions aux artistes d’exercer de nouveau leur métier. L’évènement « Les scènes estivales de Belgrade » a été annulé par le Secrétariat de la culture de la ville à peine 5 jours après son ouverture. Les conditions sanitaires s’aggravant drastiquement fin juin, le grand retour des théâtres était donc repoussé (Alors que les établissements de la restauration, salles de sport etc. était toujours ouverts.).

Parallèlement aux dispositifs de l’espace permettant les innovations qui prenaient en compte la distanciation physique, l’effet de la crise a laissé une trace reconnaissable dans les dramaturgies et les formes textuelles des premières jouées à la sortie du premier confinement. La pièce immersive « Planète solitaire » [1] explore les thèmes de l’isolation, solitude et connexion entre humains, dans un dispositif déambulatoire adapté aux mesures sanitaires : les trois comédiens se déplacent avec les 7 spectateurs dans et autour du théâtre, portant des masques et respectant l’interdiction de rassemblement de plus de 10 personnes. « Intimité »[2] écrit par Biljana Srbljanovic et mis en scène par Andrej Nosov débute lors du Festival d’Été de Dubrovnik, et reprend les mêmes thématiques de l’unité, séparation et isolation dans le monde contemporain.

Le Festival BITEF (Belgrade International Theatre Festival), moment fort de chaque saison théâtrale dans la région depuis sa création en 1967, représentant la création contemporaine mondiale sur la période de plusieurs semaines, s’est déroulé en septembre dans une forme raccourci et prudente. Sur une scène éphémère érigée dans le square devant le Théâtre BITEF de Belgrade, la sélection du BITEF 2020[3] prend en compte les risques que la crise du Covid-19 semble avoir normalisée pour le déroulement des évènements spectaculaires. Les productions présentées sont moins nombreuses, à la fois en ce qui concerne l’équipe accueillie et le nombre total des pièces, pour limiter le risque de contamination des performeurs et l’annulation qui en résulterait. Les compagnies indépendantes sont privilégiées à cause de leur flexibilité et plus grande aisance de répondre aux demandes des protocoles sanitaires. La lignée artistique, thématique et dramaturgique du festival a pris donc comme sa base Uncanny Valley de Stefan Kaegi- pièce performée par un robot anthropomorphe. Le programme secondaire s’organise également autour de l’exploration de nouvelles formes appropriés du théâtre post-covid : discussions avec Erica Fisher-Lichte, table-rondes avec les performeurs qui ont adapté ou conçu leur art pour le format digital…

Sterijino Pozorje, festival annuel et homologue serbe des Molières en France, s’est déroulé à la fin de septembre[4], dans le respect des mesure sanitaires : avec la moitié du public habituel et l’obligation du port de masque.


Le début de la nouvelle saison culturelle en septembre dernier, s’est déroulé dans la joie et respect de précautions pour le ralentissement de la transmission du covid. Le 21. aout 2020, le Conseil de Crise prend la décision de permettre l’ouverture des lieux culturels accueillant le public. La jauge est fixée à 500 spectateurs repartis dans la salle avec un siège de séparation pour permettre la distanciation physique, et les performeurs passent des tests antigéniques avant chaque représentation. Sauf lors du passage sur scène, les équipes en coulisses doivent porter des masques durant les représentations, mais aussi lors des répétitions. Les protocoles de désinfections sont renforcés, les paiements sans contact standardisés et toutes les productions se déplacent aux grandes salles, laissant des petites scènes et leurs gradins vides.

Malgré les mesures prises pour garantir la sécurité des professionnels de spectacle ainsi que du public, les fermetures ne sont pas rares. Suite à des clutters d’infections, les Théâtres Nationaux Serbes à Novi Sad et à Nis ferment pendant 3 semaines en novembre[5], plus de cinq annulations sont annoncées dans le Théâtre National à Belgrade en octobre et décembre[6], et le Théâtre National de Sabac recule deux premières pour des « causes épidémiques » (ie infection d’une partie ou de l’ensemble de leurs troupes).

Les nouvelles mesures prises par le Conseil de Crise et le Gouvernement le 20. novembre 2020 imposent un couvre-feu sur le territoire national à partir de 21h. Les théâtres y ont répondu en avançant le début des pièces de programme à 18 ou 19h[7]. En essayant d’équilibrer respect des engagements avec les artistes, responsabilité envers le public, et minimisation des risques d’infection, les théâtres créent individuellement leurs réponses à la situation pandémique rapidement changeante. Ils ne sont accompagnés par aucune stratégie concrète du Ministère de la Culture. Fermetures intermittentes, diffusion des pièces en ligne au cas d’annulations, changements de dernière minute suite à la maladie des équipes entières des pièces- les directions des théâtres, publics ainsi que privés, improvisent.


Théâtre National, Belgrade, juin 2021

L’oubli du secteur culturel dans tous les ensembles de mesures d’urgence que le Gouvernement a pris pour amoindrir/diminuer les conséquences économiques de la pandémie, n’a pas été réparé. Une première tentative d’aide qui ne comptait pas sur l’État, était la création du Fond de Solidarité [1](organisé par différentes associations d’artistes plastiques, graphiques, et autres travailleurs dans les beaux-arts) qui a aidé quelques 150 artistes en juin 2020. En janvier 2021, pendant les vacances de Noël Orthodoxe, les casino Mozzart et un groupe de 6 artistes dramatiques de renom ont organisé l’action humanitaire « Les comédiens et Mozzart pour vous et les comédiens »[2]. Ils ont créé une nouvelle version d’une des pièces nationales les plus adorées, L’Espion des Balkans, qui a été accessible sur la chaîne youtube du casino. Avec chaque partage de la vidéo, la donation du casino Mozzart montait, de sorte à ce que, avec le don de leurs salaires pour le projet que les comédiens ont apportés à la cause, l’action a collecté 3.5 millions de dinars (environ 30 000 euros) pour l’aide aux artistes dramatiques.

Le webinaire « Culture vs Corona » organisé par le Théâtre de la jeunesse Dadovo[3] en décembre 2020 a rassemblé les directeurs de nombreux théâtres publics de la région. Ils étaient tous d’accord sur le fait que la culture en général, et le théâtre en particulier, survivront avec résilience cette crise mondiale, comme ils avaient survécu toutes les autres. Dubravka Vrgoč (Directrice du Théâtre National Croate), Barbara Heing Samobor (directrice du Théâtre de la Ville à Ljubljana), Tamara Vučkovic (directrice du Théâtre Dramatique Yougoslave), et Ivica Buljan (directeur du drame du Théâtre National Croate) ont pourtant souligné le manque de soutien gouvernemental, thème connu et vécu par la quasi-totalité de la communauté culturelle mondiale. La crise du Covid-19 et le collapse conséquente des réseaux de fonctionnement des institutions culturelles, ont seulement consolidé avec violence et urgence l’état plus que précaire du secteur culturel- état dans lequel les investissement insuffisants et décroissants avec chaque nouvelle année fiscale ont mis la culture serbe.

[1] https://nezavisnakultura.net/2020/07/16/poziv-za-dodelu-jednokratne-pomoci-fonda-solidarnosti-kulturnih-radnika-i-radnica-srbije/ [2] « Les comédiens et Mozzart recuillent 3525000 dinar d’aide aux artistes dramatiques », magazine Danas, 9.01.2021. https://www.danas.rs/kultura/glumci-i-mozzart-prikupili-3-525-000-dinara-za-pomoc-dramskim-umetnicima/ [3] https://balkans.aljazeera.net/news/culture/2020/12/9/direktori-pozorista-u-regiji-teatar-ce-prezivjeti-pandemiju [1] https://atelje212.rs/?p=11957 [2] https://www.dubrovnik-festival.hr/en/agenda/heartefact-fund-intimacy [3] https://festival.bitef.rs/en/54bitef/a-word-from-the-artistic-director [4] https://balkans.aljazeera.net/news/culture/2020/9/27/sterijino-pozorje-65-put-otvoreno-u-novom-sadu [5] https://24sedam.rs/kultura/korona-u-glavnoj-ulozi-zakljucano-najstarije-pozoriste-u-srbiji/ [6] https://rs.n1info.com/kultura/a666152-narodno-pozoriste-otkazane-predstave-koronavirus/ [7]https://www.rts.rs/page/stories/sr/%D0%9A%D0%BE%D1%80%D0%BE%D0%BD%D0%B0%D0%B2%D0%B8%D1%80%D1%83%D1%81/story/3148/zivot-u-vreme-pandemije/4156942/pozorista-mere-koronavirus.html[1] Aleksandar Milosavljevic, « Kada je korona ušla u pozorište? » (Quand le Corona est-il entré dans le théâtre ?), Vreme, n.1529, 22.04.2020., https://www.vreme.com/cms/view.php?id=1776610 [2] Idem. [3] Voir https://teatar.bitef.rs/Vesti/583/DIGITALNO-IZDANjE-FILOZOFSKOG-TEATRA-DIGITAL.shtml/ [4] Voir http://penbih.ba/2020/11/pobjednici-konkursa-price-sa-balkona-price-sa-balkana-za-najbolje-kratke-dramske-tekstove/ [5] http://platforma-kooperativa.org/en/article/public-statement-consequences-crises-caused-corona/?fbclid=IwAR1MO638v1-rhb2CaDkkOHiKIQgR2gdU3x7g-xcOMr30RzcbqiMGRfz1luE [6] « Révolte et nouvelles demandes pour sauver la culture et le secteur créatif », seecult.org, 5.05.2020, http://www.seecult.org/vest/revolt-i-novi-zahtevi-za-spas-kulture-i-kreativnog-sektora [1] Sluzbeni glasnik RS (gazette officielle de la RS), n.23/2020 [2] Article 6, Paragraphe 1 de la Loi sur la protection de la population contre les maladies contagieuses, Sl. glasnik RS (gazette officielle de la RS, n. 15/2016 [3] Sl. Glasnik, 39/20, 40/2020, 53/2020 [4] Cité par Elma Ljubčić, « Kultura u vanrednim okolnostima: Do željenog sadržaja uz nekoliko klikova », AlJazeera Balkans, 23.03.2020., https://balkans.aljazeera.net/teme/2020/3/23/kultura-u-vanrednim-okolnostima-do-zeljenog-sadrzaja-uz-nekoliko-klikova

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